Le volume 30 de Neophilologica rassemble un ensemble de contributions consacrées à l’analyse des relations entre structure syntaxique, organisation lexicale et interprétation sémantique dans les langues romanes et dans une perspective contrastive plus large. Dirigé par Wiesław Banyś, avec la collaboration éditoriale de Anna Krzyżanowska et Monika Sułkowska, ce numéro propose un panorama des recherches contemporaines en linguistique théorique, contrastive et appliquée.
Les contributions réunies dans ce volume abordent des problématiques centrales pour la description linguistique : la complexité du lexique, la structuration sémantico-syntaxique des prédicats, les phénomènes phraséologiques, la linguistique contrastive, l’analyse du discours ainsi que les questions liées à la traduction et aux technologies du langage.
Complexité lexicale et cadres théoriques
Plusieurs contributions examinent les fondements théoriques de la description lexicale et sémantique.
Dans « Complexité lexicale : le substantif débat(s) », Gaston Gross met en évidence la richesse combinatoire des unités lexicales et montre comment la description d’un substantif peut être fondée sur l’ensemble des prédicats qui lui sont associés.
Cette réflexion se prolonge dans « New Old Paradigms: Object-Oriented Approach, Object Classes, Ecological Psychology and Linguistics » de Wiesław Banyś, qui examine les fondements épistémologiques de plusieurs modèles descriptifs en linguistique et leur articulation avec les approches contemporaines de la cognition.
La question de la catégorisation linguistique est abordée par Sonia Berbinski dans « Genre — between partial identification and suspensive approximation ».
Lexique, métaphore et sémantique
La structuration du lexique et les phénomènes sémantiques constituent un autre axe important du volume.
Les processus métaphoriques sont étudiés par Aleksandra Ritau-Barber dans « Le metafore della nozione di musica nella lingua italiana ».
La représentation du sens dans les systèmes lexicaux bilingues est examinée par Magdalena Perz dans « The meaning of a polysemous adjective in a bilingual perspective — the quest for equivalence ».
Les relations entre lexique et conceptualisation apparaissent également dans l’étude de Małgorzata Izert, « Nominal quantifiers of meteorological and hydrographic origin in French and Polish ».
Linguistique contrastive et analyses interlinguistiques
La linguistique contrastive occupe une place centrale dans ce volume.
Dans « Italian prepositions di and da and the French preposition de. A contrastive study in a cognitive framework », Katarzyna Kwapisz-Osadnik propose une analyse cognitive des systèmes prépositionnels.
La morphologie lexicale et les systèmes de genre sont examinés par Agnieszka Latos dans « Some reflections on feminine agentives: Italian and Polish in comparison ».
La dimension aspectuelle de la représentation du temps est analysée par Aleksandra Paliczuk dans « Linguistic picture of the past based on the verbal aspect in Italian, Polish and English ».
Les relations entre lexique et émotions sont étudiées dans une perspective diachronique par Matthieu Pierens dans « The introductory verbs of feelings in French and German: a comparative diachronic study ».
Discours, communication et pratiques sociales
Plusieurs contributions explorent les pratiques discursives contemporaines.
Dans « Readers’ discourse in the French and Polish press », Anna Kieliszczyk analyse les formes d’interaction entre lecteurs et médias.
Les stratégies discursives dans le discours politique sont étudiées par Monika Kostro dans « Between front-stage and backstage: the usage of the familiar pronouns of address in the French and Polish political media discourse ».
La dimension pragmatique des formes d’adresse est analysée par Piotr Krzyżanowski dans « Functions of nominal vocative forms in Polish and French ».
L’organisation des questions alternatives est examinée par Swietłana Niewzorowa dans « Alternative questions ».
Traduction, linguistique appliquée et communication spécialisée
Les problématiques de traduction et de médiation linguistique sont également représentées dans ce volume.
Anna Czekaj, dans « Perception and metonymy in automatic translation », analyse les difficultés posées par les phénomènes métonymiques dans les systèmes de traduction automatique.
La communication spécialisée est étudiée par Julia M. Murrmann dans « An introduction to the language of physiotherapy. The linguistic features of the communication in movement rehabilitation ».
Métaphore, intensité et évolution du lexique
Enfin, plusieurs contributions s’intéressent aux processus de conceptualisation et d’évolution sémantique.
Ewa Pilecka, dans « The expression of intensification through consequence in French and Polish: a case study (as a preliminary to its lexicographical description) », examine les mécanismes d’intensification dans deux langues.
La variation morpho-syntaxique est analysée par Witold Sobczak dans « On the usage of “irá a + infinitive” and “iría a + infinitive” in contemporary peninsular Spanish ».
La dimension diachronique du lexique apparaît dans « The names of the gall / bile in Castilian language in the diachronic approach » de Katarzyna Tilgner.
Enfin, Richard Trim, dans « L’impact de la morpho-syntaxe dans les processus de métaphorisation contrastive entre langues romanes et germaniques », examine les relations entre morpho-syntaxe et métaphore dans une perspective interlinguistique.
Dans leur ensemble, les contributions réunies dans ce volume témoignent de la richesse et de la diversité des recherches linguistiques contemporaines et mettent en lumière le dialogue fécond entre linguistique théorique, études contrastives, analyse du discours et traductologie.
Vol. 36 (2024)
Publié: 2024-12-31
10.31261/NEO