Le volume 28 de Neophilologica réunit un ensemble de contributions consacrées aux questions contemporaines de sémantique, de syntaxe, de pragmatique et d’analyse du discours, avec une attention particulière portée aux langues romanes et aux perspectives contrastives. Les études réunies dans ce numéro illustrent la richesse des approches actuelles en linguistique théorique et appliquée, allant de la phonétique et de la prosodie à la phraséologie, la lexicologie, la traduction et l’analyse des interactions discursives.
Un premier ensemble de contributions explore les relations entre phénomènes linguistiques et prosodiques dans la construction du sens. Dans Mise en parallèle des dimensions linguistiques et prosodiques de l’ironie, Elodie Baklouti et Fabrice Hirsch examinent la manière dont les indices prosodiques participent à l’identification de l’ironie dans l’interaction orale. Dans une perspective complémentaire, Ivana Didirkova, Ľubomíra Štenclová et Fabrice Hirsch, dans De la perception des disfluences normales et sévères à leurs origines articulatoires, analysent les mécanismes perceptifs et articulatoires liés aux disfluences de la parole.
Un second axe concerne les structures discursives et argumentatives dans différents types de textes. Françoise Collinet, dans Anaphores argumentatives. Entre l’axe sémantico-pragmatique et l’axe rhétorico-discursif, propose une réflexion sur le rôle de l’anaphore dans la structuration argumentative du discours. L’analyse du discours scientifique est également abordée dans Katarzyna Gabrysiak, Structures rhétorico-lexico-syntaxiques dans l’écrit scientifique, qui met en lumière les dispositifs linguistiques contribuant à l’organisation rhétorique des textes académiques.
Plusieurs articles portent sur les relations lexicales et les structures sémantiques. Aude Grezka, dans Classes et relations sémantiques : l’exemple du verbe regarder, examine les réseaux sémantiques construits autour d’un verbe polysémique. Les phénomènes de variation lexicale et terminologique sont étudiés dans Anetta Kopecka et Katarzyna Janic, Dénomination des couleurs artistiques et décoratives en polonais, ainsi que dans Svetlana Krylosova et Valentin Tomachpolski, Du problème de la description lexicographique des dénominations chromatiques. La dimension axiologique de la sémantique lexicale est explorée par Barbara Taraszka-Drożdż, La dimension axiologique des extensions sémantiques de clair et sombre.
Un autre ensemble de contributions se concentre sur les phénomènes morphosyntaxiques et grammaticaux. Ewa Ciszewska-Jankowska, dans Emplois particuliers du futur simple et leurs équivalents polonais, analyse les valeurs modales du futur simple dans une perspective contrastive franco-polonaise. Les structures comparatives et lexico-syntaxiques dans le discours scientifique sont examinées par Alicja Hajok, À propos de quelques structures lexico-syntaxiques du type dit comparatif dans un texte scientifique. Lichao Zhu, dans Le défigement dans les schémas prédicatifs, s’intéresse quant à lui aux processus de défigement dans les constructions prédicatives.
Les questions de phraséologie, de conceptualisation et de didactique des langues occupent également une place importante dans ce volume. Monika Sułkowska, dans Perception et acquisition du figement lexical en langue maternelle, analyse les mécanismes cognitifs impliqués dans l’apprentissage des unités figées. La conceptualisation culturelle et linguistique est abordée dans Aleksandra Paliczuk, Paese che vai, usanza che trovi. La concettualisation del paese en italien. Dans une perspective didactique, Aleksandra Żłobińska-Nowak, De main en main / de mano a mano — essai de classement et de traitement didactique des unités figées…, examine l’enseignement de la phraséologie en français et en espagnol langue étrangère.
Enfin, plusieurs contributions abordent les questions de traduction, de linguistique contrastive et de communication numérique. Lucyna Marcol-Cacoń, dans Tipologia e traduzione dei verbi di moto italiani — analisi semantica, analyse la typologie et la traduction des verbes de mouvement en italien. Michał Hrabia, Le ne explétif dans la traduction automatique, étudie les défis liés au traitement automatique du langage. Les dynamiques identitaires dans l’espace numérique sont explorées par Ewa Pirogowska et Renata Pawłowska, dans La perception et la construction de l’identité des sujets communicants dans l’espace virtuel.
Pris dans leur ensemble, les contributions réunies dans ce volume témoignent de la diversité et de la vitalité des recherches linguistiques contemporaines, en mettant en lumière le dialogue fécond entre sémantique, analyse du discours, linguistique contrastive, phraséologie et traductologie.
Vol. 36 (2024)
Publié: 2024-12-31
10.31261/NEO