Le volume 26 de Neophilologica propose un ensemble d’études consacrées à la notion d’événement dans la langue et le discours, ainsi qu’à plusieurs problématiques contemporaines de la linguistique théorique, de la sémantique, de l’analyse du discours et de la traduction. Réunis autour du thème « Le concept d’événement », les articles explorent les différentes dimensions linguistiques de cette notion — conceptuelle, sémantique, discursive et cognitive — tout en l’inscrivant dans des perspectives comparatives et interdisciplinaires.
Un premier ensemble de contributions examine le concept d’événement dans les cadres théoriques de la linguistique contemporaine. Jean-Pierre Desclés, dans Le concept cognitif d’événement, propose une analyse approfondie de la notion d’événement dans une perspective cognitive et formelle, en mettant en évidence ses relations avec les catégories d’état et de processus. Dans la même perspective, Katarzyna Kwapisz-Osadnik, dans L’événement en tant qu’effet de la conceptualisation d’une situation, analyse le rôle de la conceptualisation dans la construction événementielle et les relations entre aspect sémantique, grammatical et discursif.
La dimension discursive et énonciative de l’événement est explorée dans plusieurs contributions. Elżbieta Biardzka, dans L’événement énonciatif mis en discours. Trois approches différentes, examine les différentes manières dont les événements sont configurés dans l’énonciation. Ewa Pilecka, dans être (le) témoin de, un prédicat approprié sélectionnant les noms d’événement ?, étudie les propriétés syntaxiques et sémantiques de certaines constructions sélectionnant des noms d’événements.
Plusieurs articles s’intéressent aux moyens linguistiques de représenter ou de percevoir un événement. Jadwiga Cook, dans Voir, entendre et sentir un événement — quelques observations sur la traduction polonaise des constructions avec verbes de perception, analyse les stratégies de traduction des verbes de perception. Dans une perspective proche, Catherine Collin, dans Hendiadys et construction de l’événement en anglais contemporain, montre comment certaines structures syntaxiques contribuent à la construction événementielle dans le discours.
L’événement est également étudié dans sa dimension discursive et médiatique. Charlotte Danino, dans Analyse linguistique d’un discours sur un événement en cours : le cas du 11 septembre 2001, examine les mécanismes linguistiques de la représentation d’événements historiques dans le discours médiatique. Dans le domaine de la linguistique politique et sociophonétique, Marion Bechet, Fabrice Hirsch, Fabrice Marsac et Rudolph Sock, dans La primaire socialiste : un événement politique à l’origine d’un nouveau phonostyle ?, analysent les effets d’un événement politique sur les pratiques phonétiques et discursives.
Un autre ensemble d’articles aborde les questions de sémantique lexicale et de structuration événementielle. Christian Surcouf, dans Les « verbes savonnettes » : frottements et glissements sémantiques, examine certaines propriétés sémantiques des verbes. Lucie Barque, Pauline Haas et Richard Huyghe, dans La polysémie nominale événement / objet : quels objets pour quels événements ?, analysent les relations entre événements et objets dans la polysémie nominale.
Enfin, plusieurs contributions ouvrent la réflexion vers la linguistique contrastive, la traduction et la conceptualisation linguistique. Myriam Boulin, dans La description du déplacement en français, anglais et chinois mandarin, compare les stratégies linguistiques de représentation du mouvement. Beata Śmigielska, dans Quelques remarques théoriques et pratiques sur la traduction du français vers le polonais dans l’approche orientée objets, ainsi que Sonia Szramek-Karcz, dans L’Approche Orientée Objets ou l’EuroWordNet ?, abordent les enjeux linguistiques et computationnels de la traduction et de la représentation lexicale.
Vol. 36 (2024)
Publié: 2024-12-31
10.31261/NEO