Le volume 20 de Neophilologica rassemble un ensemble d’études consacrées aux interactions entre sémantique lexicale, syntaxe, conceptualisation linguistique et analyse du discours. Inscrites dans le cadre des recherches contemporaines sur les structures prédicat-arguments, la polysémie verbale, la phraseologie et la linguistique cognitive, les contributions réunies dans ce numéro explorent divers aspects de la description linguistique des langues romanes dans une perspective comparative et interlinguistique.
Les articles couvrent un large éventail de problématiques, allant de l’analyse des structures verbales et des valeurs modales, à l’étude de la désambiguïsation lexicale, des structures conceptuelles et des phénomènes phraseologiques, en passant par la description du discours professionnel et interculturel. Ensemble, ces travaux illustrent la vitalité des recherches sur la structure du sens et la modélisation du lexique dans les langues romanes.
Modalité verbale et traduction interlinguistiquePlusieurs contributions examinent les relations entre valeurs modales, structures verbales et traduction dans une perspective contrastive.
Dans Le verbe devoir et ses trois équivalents polonais : musieć, mieć, powinien, Ewa Ciszewska analyse les conditions de traduction du verbe modal français devoir en polonais à partir d’un corpus de traductions littéraires, montrant comment les distinctions entre obligation, probabilité et temporalité influencent le choix de l’équivalent lexical.
La question de l’interprétation temporelle et aspectuelle est également abordée dans L’imparfait et la ponctualité, où Jung-Hae Lim examine les interactions entre temps verbal et structure événementielle dans la langue française.
Dans une perspective typologique et contrastive, Aleksandra Żłobińska-Nowak, dans Le verbe venir – esquisse typologique et essai de traduction en polonais de son emploi spatial français et espagnol, analyse les valeurs spatiales et sémantiques du verbe venir et leur traduction en polonais, mettant en évidence les divergences entre systèmes linguistiques.
Polysémie verbale, réseaux sémantiques et linguistique cognitiveUn second ensemble d’articles s’inscrit dans le champ de la linguistique cognitive et de la sémantique lexicale, en s’intéressant à la structuration des significations verbales et conceptuelles.
Dans Analyse en schèmes sémantico-cognitifs du verbe polonais opaść / opadać, Joanna Cholewa applique les principes de la Grammaire Applicative et Cognitive à l’analyse d’un verbe de mouvement polysémique, en proposant un réseau de schèmes sémantico-cognitifs permettant de dégager l’invariant de signification du verbe.
La relation entre conceptualisation et structure lexicale est également explorée par Aleksandra Kosz dans deux contributions : Il passo dal pensiero alla lingua – l’analisi cognitiva della strada nella lingua italiana, consacré à l’analyse cognitive du concept de strada en italien et La rappresentazione delle conoscenze – diversi modelli delle strutture concettuali nell’ambito della linguistica cognitiva, qui examine différents modèles de représentation des connaissances dans la linguistique cognitive.
Dans une perspective proche, Ramona Pauna, dans Causes et métaphore, analyse le rôle des métaphores conceptuelles dans la représentation linguistique des relations causales.
Lexicographie, désambiguïsation et description du lexiquePlusieurs articles abordent les questions de description lexicale et de désambiguïsation sémantique, domaines essentiels pour la lexicographie et le traitement du langage.
Dans Pain quotidien d’un lexicographe ou la description lexicographique du vocabulaire de la nourriture selon l’approche orientée objets, Aleksandra Chrupała examine les difficultés méthodologiques liées à la description lexicographique du vocabulaire alimentaire dans le cadre de l’approche orientée objets.
La problématique de la désambiguïsation lexicale est étudiée par Katarzyna Gabrysiak dans Quelques remarques sur la désambiguïsation des sens du verbe mettre, où l’auteure analyse les différentes structures syntaxiques et contextuelles permettant de distinguer les valeurs sémantiques du verbe.
Dans Selon en tant que marqueur d’altérité énonciative et ses traductions en polonais dans un corpus de presse, Anna Dutka-Mańkowska examine le fonctionnement discursif du marqueur selon et ses équivalents dans la traduction.
Phraseologie et structures idiomatiquesLe volume accorde également une place importante aux études sur la phraseologie et les expressions figées.
Dans Expressions figées dans une perspective multilingue : problèmes d’équivalence et de traduction, Monika Sułkowska analyse les difficultés liées à la traduction des unités phraséologiques dans un contexte multilingue.
Une perspective contrastive est proposée par Agnieszka Gwiazdowska dans Los fraseologismos comparativos con un componente animal en los idiomas polaco y español, qui examine les expressions comparatives comportant des noms d’animaux dans les langues polonaise et espagnole.
Langue, corps et conceptualisationDeux contributions explorent la manière dont la langue encode l’expérience corporelle et perceptive.
Dans Parties du corps « sous-estimées » par la langue, Anna Grigowicz s’intéresse aux parties du corps peu lexicalisées ou marginalisées dans les systèmes linguistiques.
Dans Il passo dal pensiero alla lingua, Aleksandra Kosz analyse les relations entre conceptualisation cognitive et expression linguistique.
Discours, culture et communicationEnfin, deux articles abordent la dimension discursive et sociolinguistique de la communication.
Dans Culture(s) dans la communication professionnelle, Magdalena Sowa examine le rôle des facteurs culturels dans les interactions professionnelles.
L’humour linguistique constitue également un objet d’étude avec Les mots d’esprit et leurs ressorts grammaticaux, où Gaston Gross analyse les mécanismes grammaticaux à l’origine de certains effets humoristiques.
Vol. 36 (2024)
Publié: 2024-12-31
10.31261/NEO