Le volume 29 de Neophilologica, dirigé par Wiesław Banyś et Beata Śmigielska, réunit un ensemble d’études consacrées aux questions sémantiques, syntaxiques et discursives dans les langues romanes, tout en ouvrant la réflexion à des perspectives comparatives et interdisciplinaires. Les contributions réunies dans ce numéro illustrent la diversité des approches contemporaines en linguistique, allant de la phonétique et de la perception linguistique à la lexicologie, la phraséologie, la traduction et l’analyse du discours, ainsi qu’aux études sociolinguistiques et pragmatiques.
Un premier ensemble d’articles explore les relations entre structures linguistiques et perception phonétique, en particulier dans une perspective contrastive. Ainsi, Saïd Bouzidi et Béatrice Vaxelaire, dans Perception des modalités de l’allemand par des locuteurs natifs francophones, analysent la perception des modalités énonciatives (assertion, interrogation, exclamation) par des apprenants francophones de l’allemand, en mettant en évidence l’influence combinée des indices prosodiques et morphosyntaxiques. Dans une perspective complémentaire portant sur la phonétique du français langue étrangère, Magdalena Dańko, Jérémi Sauvage et Fabrice Hirsch, dans La perception phonémique en français des apprenants polonophones (le cas des voyelles [e] et [ɛ]), examinent les difficultés perceptives liées aux voyelles de moyenne aperture chez les apprenants polonophones.
Un second axe concerne les questions de rhétorique, d’argumentation et d’analyse du discours. Françoise Collinet, dans La notion d’auditoire universel chez Perelman : une illustration à travers un passage des Faux-Monnayeurs d’André Gide, propose une réflexion sur la notion d’auditoire universel dans la Nouvelle Rhétorique perelmanienne et son fonctionnement dans un texte littéraire. L’analyse discursive se poursuit dans Anna Kochanowska, Images médiatiques du parti Droit et Justice dans les médias électroniques français, qui étudie les représentations médiatiques d’un acteur politique dans la presse francophone.
Plusieurs contributions se concentrent sur la lexicologie, la terminologie et la variation linguistique. Liliana Kozar, dans Variabilité des formes terminologiques (sur l’exemple des termes français et polonais du régime supplémentaire de retraite), examine les variations terminologiques dans le domaine spécialisé. Les structures lexicales et phraséologiques sont également abordées dans Sulaiman Palizhati, Les stéréotypes des animaux dans les proverbes, ainsi que dans Aleksandra Paliczuk et Agnieszka Pastucha-Blin, I fraseologismi come fonte di errori nel contesto dell’immagine linguistica del mondo, qui analysent le rôle des phraséologismes dans les erreurs linguistiques.
Un autre ensemble d’articles porte sur les structures grammaticales et les phénomènes morphosyntaxiques dans diverses langues romanes et dans une perspective contrastive. Alicja Hajok, dans Modèle flexionnel des unités polylexicales nominales de la langue polonaise, propose une description morphologique des unités polylexicales. Magdalena Perz, Le rôle du co-texte dans l’antonymie adjectivale, étudie l’influence du contexte discursif dans l’interprétation des antonymes. Les phénomènes aspectuels et grammaticaux sont également examinés dans Justyna Wiśniewska, A composicionalidade aspetual da perífrase verbal andar a + inf, ainsi que dans Ewa Urbaniak, La duplicación pronominal como mecanismo de subjetivización en español e italiano.
Le volume accorde également une place importante aux questions de traduction et de contacts linguistiques. Iwona Kasperska, dans (Auto)traducir(se) en el espacio fronterizo : estrategias discursivas de autoras chicanas, analyse les stratégies discursives liées à l’auto-traduction dans la littérature chicana. Mirosław Trybisz, dans À propos de la détermination dans la traduction automatique, aborde quant à lui les défis liés au traitement automatique du langage et à la traduction automatique. Enfin, les dynamiques sociolinguistiques sont explorées dans Ingrid Petkova, Los contactos lingüísticos en Hispanoamérica y en los EEUU : desde el bilingüismo hasta el translingüismo, ainsi que dans Julia Murrmann, Alla scoperta dei casi estremi di plurilinguismo individuale, consacrée aux trajectoires d’hyperpolyglottes dans une perspective sociolinguistique.
Pris dans leur ensemble, les articles réunis dans ce volume témoignent de la vitalité des recherches contemporaines en linguistique romane et contrastive. Ils mettent en évidence la fécondité du dialogue entre sémantique, syntaxe, analyse du discours, sociolinguistique et traductologie, tout en soulignant l’importance des approches interdisciplinaires pour l’étude des phénomènes linguistiques.
Vol. 36 (2024)
Publié: 2024-12-31
10.31261/NEO